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Archives d’Auteur: Michel Pierre Aublanc

Questions blanches

Éteindre la radio, puis s’apercevoir immédiatement que le geste a été un peu brusque, agacé. Mettre fin au bavardage, au remplissage matinal . Retenir le visage de Stéphane Hessel, un regard digne,  beauté respectueuse  retrouver ses mots sur sa propre mort dont il parlait « comme d’un grand projet »  : interrogation.

Un autre homme, fatigué, drapé dans sa blancheur, hésite, salue les fidèles. Il s’ est déshabillé  de son titre, libéré de sa charge. Un homme présent et absent à la fois, pas facile. La mort et la vie alimentent notre curiosité sur l’existence et s’amusent parfois à nous surprendre.

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Papas perchés

Il monte, le geste est décidé. En bas, on se cache les yeux du soleil pour mieux le voir, on le montre du doigt . Lui, il pense déjà au froid,  à la nuit et à la faim. S’éloigner du sol pour mieux se faire entendre. Il le sait, il faudra bien descendre, le coeur gros.

D’abord, il faut tenir, s’exposer aux yeux de tous pour qu’elle comprenne. Les commentaires d’en bas vont bon train. Il s’en doute, il observe l’agitation. Les gendarmes, le préfet , à Paris des ministres se réunissent. Attendre , pour voir. Rester encore un peu, seul en compagnie de son désespoir. Une pensée accompagne toute sa première nuit : son fils.

La chambre du Vatican

Je tombe sur le titre, le relire. Je trouve deux mots qui ne fonctionnent pas ensemble. Le pape démissionne. La toile et les écrans s’enflamment, la nouvelle se propage à la vitesse de la lumière. Vite, je retrouve Piccoli dans « Habemus Papam », puis je reviens à la nouvelle.

Il est dans sa chambre, assis sur le lit, les rideaux tirés, les doigts croisés, les yeux fermés. Il n’y arrive plus. Il interroge encore sa conscience. Il décide. Se libérer de sa charge. Il regarde son bureau, une lettre est posée bien en évidence,  le message est prêt, rédigé. Il suffira de lire à la fin de la réunion du consistoire. Dans les couloirs, on circule, des chuchotements se propagent, la nuit va être courte.

Blanche

Semaine blanche, des mots qui manquent . J’ai vu Hopper s’offrir jusqu’au bout de la nuit puis quitter la capitale en douce. J’ai vu le printemps tunisien replonger brutalement dans l’hiver, j’ai vu le sang d’un opposant remplir les rues, mettre un pays sous tension.

Et puis d’autres choses sont venues, j’ai regardé passer les trains de nouvelles les uns après les autres : trop vite. Ne pas se souvenir vraiment, le regretter. Revoir encore ces pages blanches qui tombent avec le jour.

Bulles agitées

Les jours rallongent et des usines ferment.
L’armée frappe le ciel de Kidal et la nuit de noces dégénère à l’assemblée.
La Syrie  compte ses morts et Manaudou range son maillot.
Les otages au mali serrent les dents  et le visage de Lincoln s’affiche dans la ville.
Les fonctionnaires battent le pavé  et une tour explose à Mexico.
Beckham arrive  à Paris et Angoulême fait des bulles.

Des personnages de papier sortent de leurs vignettes.
Ils se regroupent, ils observent  toute cette agitation, interloqués, sans voix.

Elles

Mariage pour tous : débat à l’assemblée. Elles sont assises à l’étage. Suivre les débats, elles s’amusent des huissiers, de leurs déguisements, elles pointent du doigt une tête ou deux connue, elles reconnaissent les ministres, elles sont surprises par le chahut, l’ambiance buyante.

Un homme prend la parole, elles écoutent. Leurs mains se touchent, leurs doigts se croisent, puis un regard, amoureux. Plus bas, les prises de parole se succèdent. Elles n’y sont plus tout à fait, ratrappées par le désir sous le regard muet des statues de l’hémicycle. Plus tard, dans la rue, une dame agée se retournera sur elles pour les observer main dans la main.

Des yeux pour elle

Gabart , les yeux clairs, les cheveux en bataille. Il raconte son tour du monde. Le propos sensible, ému. Il parle de la fragilité face à la machine, et celle de l’homme face à la mer. Il jubile et retient en même temps son bonheur, il sait ce qu’il lui doit, elle lui manque déjà. Il sait le lien avec elle , pour toujours.

Son bateau reste là, un peu perdu . La foule fait des vagues sur les quais, la mer offre encore ses reflets dans les yeux d’un homme, heureux.

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